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Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion:
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THALASSOTHERAPIE : LABEL DE QUALITE OU GADGET COMMERCIAL? Par Bertrand Favre
Posté le 22 mars 2003 à 02:08:15 CET par bfavre |
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traveladmin a écrit : "En 1904, se basant sur les travaux de Claude Bernard, un biologiste de génie, René QUINTON, que l’on appelait « le marin ivre », formule l’hypothèse révolutionnaire selon laquelle l’eau de mer est le premier milieu où est apparue la première cellule vivante. Nicole Priollaud dans un ouvrage de référence pour la thalassothérapie nous apprend que « l’expérience a lieu au Collège de France au début du siècle dernier. René Quinton entreprend de saigner un chien à blanc. Juste avant l’arrêt cardiaque, il perfuse l’animal avec un volume d’eau de mer égal à celui de l’hémorragie. Le malheureux chien est dans un état d’abattement extrême, mais il est vivant. Et trois jours plus tard, il a retrouvé une vivacité qu’il ne montrait pas auparavant., L’examen de son sang démontre que non seulement il a récupéré, mais que son terrain organique s’est amélioré
Ainsi et malgré toutes les catastrophes maritimes et pétrolières, la mer demeure un milieu d’équilibre. Le 18 juin 1997, la thalassothérapie connaît une existence officielle et les centres spécialisés se multiplient à travers le monde. Une charte a même été élaborée et mise en place. De nombreux établissements l’ont librement acceptée. Il semble pourtant qu’aujourd’hui cela ne suffise plus à drainer la clientèle embarrassée par l’extraordinaire palette de possibilités et de destinations.
Il y a bien une quarantaine d’années que l’Inde, inaugurant un nouvel hôtel de luxe à Trivandrum, quelques lieues en-dessous de Goa, offrait les premières cures de médecine et traitement ayurvédiques. La Thailande se profilait aussi avec des centres de massage qui devinrent rapidement une industrie érotique avant que les fermes de beauté ne dispensent des soins et de vrais massages thailandais. Pionnière aux Etats-Unis des médecines douces et des soins paliatifs, la Californie ouvrait un marché nouveau : les massages californiens. Chaque jour qui passe ou peu s’en faut, une nouvelle pratique de bien-être se fonde dans une offre sans cesse étendue.
Un confrère écrit même dans la presse hebdomadaire que "dans trois ans, les curistes seront choyés dans quelques centres de thalasso tunisiens comme des nababs et dans des unités privatives pour échapper au côté un peu « clinique » du traitement collectif. " Serait-ce l’avènement de "soins anti-stock agrico-maraîcher à base de carottes, de concombres etc " Serait-ce le début, pour l’humain cette fois, d’une nouvelle vie de chien…Quinton réveillez-vous, ils sont devenus fous ! Il est vrai encore que le début de la "mer qui soigne" a vu le jour en Angleterre. Seulement les Britanniques eurent le courage d’appeler cela « sea treatments tandis que le bon Dr de La Bonnardière accouplait, en 1869, deux vocables grecs thalassa et therapei pour" traduire" « soigner par la mer » . Le bon docteur a gagné puisque"thalasso" – intraduisible en anglais – est devenu le terme universel. Alors, qu’en est-il des six commandements de la thalasso qui sont les suivants :
1.- Un site privilégié en bord de mer ;
2.- L’utilisation d’une eau de mer naturelle qui doit être prélevée à 5 miles marins pour avoir
les caractéristiques de l’eau du large avec une présence avérée de plancton ou de traces de plancton à l’arrivée dans l’établissement. Une analyse mensuelle doit être opérée ;
3.- Une surveillance médicale permanente
4.- Une équipe professionnelle de soins (thérapeutes, hydrothérapeutes, masseurs, etc...
5.- Des équipements se soins adaptés et entretenus.
QUEL ROLE POUR LA MEDECINE EN THALASSOTHERAPIE ?
Nous ne développerons pas ici les deux premiers de ces six commandements. Et pour cause. Pour attirer le chaland, les promoteurs savent choisir les sites enchanteurs qu’ils embelliront encore. En ce qui a trait à l’utilisation de l’eau de mer naturelle prélevée au large, les moyens d’investigation sont bien trop étroits et limités pour que nous nous lancions dans pareille aventure.
Par contre, le troisième commandement : "La surveillance médicale permanente", nous interpelle sérieusement. En effet, pratiquement tous les centres de thalasso que nous avons fréquentés ou visités précisent de façon quasi publicitaire que la VISITE MEDICALE D’ENTREE EST GRATUITE. Ce faisant, tous les centres tiennent à se mettre à l’abri d’un accident toujours possible. Certains soins peuvent faire augmenter la pression sanguine, accélérer celle-ci ou provoquer le malaise. Il s’agit donc bien de se procurer la preuve que le curiste, au moment de commencer les soins, était parfaitement apte à les recevoir. Cet examen de passage à quoi se résume-t-il ? Le plus souvent à ceci :
A. Mesure de la pression sanguine,
B. Appréciation rapide du rythme cardiaque,
C. Constat du poids du sujet à l’entrée.
Il arrive parfois que le médecin attitré du centre se montre plus vigilant et vous demande si vous souffrez d’une quelconque déficience ou qu’il soit curieux d’une anomalie corporelle. On est ici assez loin de la demande des stations thermales qui, elles, exigent la présentation d’un certificat et bilan médical succinct mais précis émis par le médecin traitant. Ne l’oublions pas, la visite médicale obligatoire d’entrée est aussi destinée à déterminer les contre-indications et cela surtout quand une affection peut entraîner des phénomènes de contagion. D’autres affections sous-entendent naturellement une prise de précaution, telles les maladies cardiaques et les cancers. Pour certains curistes les soins doivent être pratiqués progressivement. L’air marin peut fatiguer des patients déjà fragiles. Par contre, les métastases et reprises évolutives locales sont des contre-indications formelles. La thalassothérapie est curative pour les cas de rééducation, préventive ainsi qu’incitative à une meilleure hygiène de vie, mais ce n’est pas la panacée.
L’ACCOMPAGNEMENT MEDICAL
Dès lors, il semble évident que le médecin de chaque centre a une mission d’accompagnement et de surveillance à mettre en place pour chaque curiste. Après la visite médicale d’entrée, son objectif premier sera de choisir les soins puis de les étaler dans la journée afin de favoriser le résultat recherché. Pour certains, un enchaînement de quatre soins par jour sera parfaitement assimilable tandis que pour d’autres patients deux, voire trois soins seront la limite à ne pas dépasser.
Une visite médicale de sortie serait certainement un plus pour les patients ayant suivi un traitement dans un but ciblé. Pour les autres curistes, cette possibilité devrait être accessible sur simple demande. Nous restons absolument certains que de nombreux curistes seraient disposés à payer le juste prix d’une telle consultation finale. A noter encore que le médecin de cure est le seul habilité à juger d’une contre-indication et dans ce cas, à conclure au remboursement entier du séjour. L’application de cette règle de surveillance et d’accompagnement médical devrait également permettre au médecin du centre de répondre aux demandes justifiées de consultations de ses patients-curistes.
POURSUIVRE LA RECHERCHE
L’observation permanente de l’évolution de la thalassothérapie est dépendante de toutes les observations enregistrées par les médecins des centres. Si le rôle de ceux-ci se résume à la consultation d’entrée, comme c’est le cas dans nombre d’établissements, le médecin devient un simple fonctionnaire avec un aspect négatif et pour la profession et pour la thalasso.
La complémentarité du salon de beauté
La faveur que connaissent aujourd’hui les traitements issus des médecines dites douces et des médecines asiatiques incite de nombreux centres de thalassothérapie à introduire des soins à connotation exotique. Certaines disciplines sont parfaitement valables et donnent d’excellents résultats. Elles se réjouissent de nombreuses pratiques dans nos pays. D’autres, par contre, ne peuvent être le fait que de praticiens formés dans le pays d’origine. Imaginer qu’une formation donnée lors d’un ou deux séminaires de week-ends par un adepte ayant effectué un stage même sur plusieurs années ne saurait prévenir le risque et le danger d’une déficience d’application. La thalassothérapie a tout avantage à avoir un salon de beauté et de coiffure jouxtant son centre de soins. Par contre, elle n’a pas à se commettre en diffusant des pratiques douteuses qu’elle ne maîtrise pas et qui n’entrent pas dans sa prospective. Entre "label de qualité" et gadget commercial, tout centre de thalassothérapie digne de ce nom doit choisir.
Photo: Lone Pine Resort, Penang, Malaisie
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