Reporters sans frontières:"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"
"Le voyage est un travail et, sans doute aussi, un art. Il n'autorise pas le laisser-aller, mais requiert le meilleur de notre acuité."
Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion:
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Aviation : Swiss ... sortira-t-on du bourbier ? Par René Hug
Posté le 22 février 2003 à 00:00:00 CET par Rédaction |
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Quand on parle de Swiss, on ne peut s'empêcher de comparer la jeune compagnie aérienne helvétique à une autre, issue elle-aussi de la fallite d'une importante compagnie nationale : SN Brussels Airlines. Cette dernière a redémarré les activités de la défunte Sabena, avec toute la modestie qui s'imposait, sans lancer un programme démesuré et garantissant des résultats d'exploitation favorables. En fait cette nouvelle compagnie a été créée en faisant table rase du passé et çà a réussi. En ce qui concerne Swiss, il faut se reporter au 31 janvier 2002 à Bâle, où le nom de la nouvelle compagnie était divulgué et alors que le patron de Swiss, André Dosé, n'hésitait pas à assurer que sa nouvelle compagnie sera la meilleure, tant au niveau du service que de la bonne ambiance de travail. Pourtant,du temps de ses activités de chef-pilote chez Crossair, André Dosé avait sû se faire remarquer par ses capacités et son bon sens.
Or, aujourd'hui, quelque 13 mois plus tard, on assiste, après une démolition pure et simple de Crossair (dont il était impensable de marier les activités avec une compagnie telle qu'avait été Swissair) Si les créateurs de Swiss avaient de très bonnes intentions au départ, on constate aujourd'hui non seulement l'influence néfaste d'anciens cadres de Swissair dans les structures de Swiss, mettant en relief aussi bien l'arrogance de certains pilotes de la défunte compagnie a l'égard des pilotes de l'ex-Crossair, que la sempiternelle lutte des chefs entre Zurich et Bâle, la direction générale de Swiss se trouvant dans la cité rhénane.
Côté public, la mauvaise ambiance entre le personnel à bord des avions (de nouveau une rivalité entre les ex-Crossair et ex-Swissair) fait que les passagers optent souvent pour l'accueil plus convivial de compagnies étrangères. D'autre part, le fait que le démarrage de la compagnie n'a été possible qu'avec l'apport de deniers publics, la population est en droit de s'inquiéter de l'avenir de Swiss. Nombreux sont ceux qui estiment qu'il est déraisonnable de couper dans les budgets sociaux et de l'Assurance-vieillesse tout en laissant les millions engraisser une compagnie aérienne surdimensionnée qui perd actuellement deux millions de francs par jour?
Autre éclairage, mais qui n'est guère encourageant : la position des collaborateurs suisse-français dans la structure. Si d'anciens collaborateurs de Swissair s'appliquent, à Genève, à donner le meilleur d'eux-mêmes pour obtenir, malgré l'ambiance suisse-allemande maussade qui règne entre Bâle et Zurich, et dirigés avec brio par un directeur régional qui a la chance de se trouver en dehors des intrigues, aucun plan précis concernant une évolution des activités à Genève n'est en cours. La décision de réduire la flotte n'est pas encore prise et nous ne sommes pas à la veille de voir de nouveaux long-courriers de Swiss venir régulièrement à Genève. Au moment où une compagnie comme Lufthansa réduit sa flotte et son réseau pour faire face aux problèmes commerciaux actuels, on ne sait pas encore comment Swiss entend s'organiser et cela à une époque où la concurrence est vive.
Il est malheureux qu'au moment où les Suisses devaient reconstruire une compagnie aérienne, ils n'aient pas suivi l'exemple belge, tout en ayant pu parfaitement laisser Crossair en vie telle que l'avait laissée Moritz Suter, que les responsables de la situation d'aujour'hui ont purement et simplement évincé pour lui préférer un président d'ailleurs? René Hug
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