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Kazantzaki va-t-il disparaître des librairies ?
Posté le 17 février 2010 à 00:15:48 CET par traveladmin |
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par Margareta Stroot (*)
Si pendant les fêtes de fin d’année vous avez, comme moi, essayé d’offrir un livre de Nikos Kazantzaki à vos proches, vous vous êtes heurtés aux mêmes difficultés. Il est en effet devenu assez difficile et parfois impossible de se les procurer. Cinquante deux ans après la mort de ce grand écrivain grec, ses œuvres les plus importantes sont en voie de devenir introuvables. Par le caractère obsolète de leur typographie et de leur présentation, les quelques œuvres qui sont encore publiées ne répondent plus aux exigences de l’esthétique moderne.
La situation est la même dans plusieurs pays du monde, parmi lesquels la France, la Moldavie, la Russie et plus étonnamment la Grèce. Cette rareté s’explique par le peu d’efforts consentis pour promouvoir l’œuvre de ce très grand écrivain et traducteur. Grand pour son pays, la Grèce, mais aussi pour l’humanité toute entière. Il a notamment traduit en grec moderne quelques-uns des plus grands auteurs européens (Nietzsche, Goethe, Dante) ouvrant les portes de son pays à d’autres cultures.
Poèmes, tragédies, récits de voyage, scenarii (sur Bouddha, Lénine, Mohamed..), romans, essais philosophiques, traductions – l’héritage littéraire de Nikos Kazantzaki est impressionnant. Traduite à son tour en plus de 40 langues, son œuvre est celle d’un génie de la littérature et de la philosophie. Sa source d’inspiration première est la Crète, son île natale. Pour trouver des réponses aux innombrables questions qu’il se posait, Kazantzaki avait choisi de voyager. Il a ainsi étudié en France, parcouru le monde et vécu un peu partout mais essentiellement en France, en Autriche, en Tchécoslovaquie et en Allemagne. Ecrivain, traducteur et philosophe, il a été avant tout européen et internationaliste. Nommé en 1947 Conseiller à la Littérature à l’UNESCO, il a obtenu en 1956 le Prix international du Comité de la paix.
La liste de ses œuvres est aussi longue et riche que son parcours personnel. L’auteur de «Zorba le Grec» et de «Les Frères ennemis» a essayé de comprendre le monde et la vie, l’homme et la nature. Un demi siècle après sa mort, comment comprendre que son œuvre ne soit pas exposée dans toutes les librairies du monde, que des chercheurs et des universitaires n’aient pas accès à ses manuscrits, que beaucoup de textes soient encore inédits, que sa correspondance reste dispersée et en grand partie inédite ?
La Société internationale des Amis de Nikos Kazantzaki, créée à Genève en 1998 à la demande de sa veuve Eleni Kazantzaki, dont le principal objectif est précisément de promouvoir sa pensée par différents moyens – études, manifestations et congrès - tire la sonnette d’alarme.
Le colloque international organisé au mois de juin 2009, relatif aux aléas éditoriaux de Nikos Kazantzaki, a mis en évidence la situation affligeante dans laquelle se trouvent les éditions de l’écrivain. A travers ses sections nationales actives dans plus de 100 pays dans le monde, l’Association a lancé une pétition visant à informer le public et a demandé à l’Etat grec d’intervenir pour faciliter l’accès du «grand public grec et international» aux œuvres de Nikos Kazantzaki «sous une présentation convenable». Il n’en va pas seulement de la notoriété d’un grand écrivain du 20e siècle, mais aussi de l’image culturelle de la Grèce.
Margareta Stroot est journaliste à Genève
Février 2010
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