Reporters sans frontières:"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"
"Le voyage est un travail et, sans doute aussi, un art. Il n'autorise pas le laisser-aller, mais requiert le meilleur de notre acuité."
Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion:
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Tijani Haddad et la crise de la FIJET
Posté le 24 février 2005 à 10:05:47 CET par Rédaction |
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par Marco Flaks
Président de la Fédération internationale des journalistes et des écrivains du tourisme (FIJET) depuis quelque treize ans, l'entreprenant éditeur tunisien Tijani Haddad a été réélu une fois de plus à ce poste lors de la dernière assemblée générale de la FIJET tenue à Marrakech en novembre 2004. Il cumule cette fonction avec celle de président d'une association de journalistes arabes et d'une organisation méditerranéenne de journalistes et écrivains du tourisme (OMJET) basée à Tunis.
Dire que ces groupements comprennent dans leurs rangs une majorité de journalistes et d'écrivains serait probablement une exagération. On y trouve de tout, y compris les amateurs de soupe gratuite et d'invitations exotiques et on s'y frotte même à des acrobates qui y voient des rampes de lancement politique. Ces associations ne sont en tout cas pas des temples de l'éthique professionnelle. (Photo par M.Fl: Tijani Haddad à Zagreb lors de l'AG de la FIJET 2005)
Un ministre peut-il présider des journalistes et des écrivains
Le cocasse - ou l'inquiétant, ou l'inacceptable - c'est que M. Tijani Haddad, nommé ministre du tourisme par le chef du gouvernement tunisien, représente peut-être le premier cas d'un ministre présidant une fédération internationale de journalistes et d'écrivains du tourisme dont certains membres sont même proches de Reporters sans frontières (RSF), d'Amnesty et de PEN-International, organisations critiques vis-à-vis de la politique du gouvernement tunisien envers la gente des journalistes et des écrivains.
A l'heure où ces lignes sont écrites (fin février 2005), la FIJET n'a pas réussi à contacter son président/ministre très occupé à ses tournées ministérielles. Il y a pourtant d'importantes questions à discuter, d'abord les suites à apporter à la démission de la secrétaire générale de la FIJET, Christine Richter, qui a très rapidement rendu son tablier peu après sa nomination à ce poste difficile lors de l'AG de Marrakech. Mme Richter, qui occupait auparavant la fonction de SG par intérim, s'est rendue compte que les organes directeurs lui refusaient les moyens élémentaires nécessaires à l'accomplissement de sa tâche. Dans sa lettre de démission, elle dévoile et proteste contre les grenouillages, magouilles et autres manoeuvres et coups bas qui ont faussé les travaux de l'AG à Marrakech, dont les participants ont été par ailleurs éblouis par le royal accueil marocain.
Attaque à la tronçonneuse"
Cette décision et les raisons qui l'ont motivée ont de plus valu à la démissionnaire une attaque "à la tronçonneuse" de la part du vice-président espagnol de la FIJET, un Miguel Garcia Brera. C'est plus facile d'insulter que de trouver des solutions.
Entre-temps, un nouveau SG par intérim est apparu, un Tchèque, Petr Kulhanek, qui, au lendemain de son entrée en fonction, n'avait lui aussi pas réussi à entrer en communication avec son président/ministre.
La crise que vit la FIJET est donc réelle.Un ancien commissaire aux congrès de la Fédération, notre associé et ami Bertrand Favre, a publié dans TravelMag une étude prophétique sur la rénovation nécessaire de la FIJET, titrée "A 50 ANS, LA FIJET DOIT SE REFORMER OU MOURIR !" et que l'on peut lire ici même en cliquant sur
http://www.travelmag.org/modules.php?name=News&file=article&sid=116
Il faut se distancer des “petits malins”
Il faudra faire le bilan de la décennie Haddad à la tête de la FIJET. En pratiquement 13 ans de présidence, M. Haddad, que l’on souhaite pour la belle Tunisie être un bon ministre du tourisme, n'a pas su prévoir sa succession à la FIJET. Il a utilisé son entregent pour parvenir au poste de ministre qu'il occupe aujourd'hui. Le renvoi de l'ascenseur ne fut jamais agendé à son programme.
Le grand problème de la FIJET, c est que cette fédération n'a jamais su accumuler une certaine réserve de fonds propres de manière à pouvoir défrayer les responsables qui agissent pour elle et surtout se distancer des "petits malins" qui font un pet dans l'eau en pensant avoir décroché la lune!!! Cette carence financière est vraiment le problème majeur de la Fijet.
Avec un président inatteignable à Tunis, un siège central à Prague, un trésorier incapable de faire face à un mouvement financier international:, on peut le dire: la situation est vraiment "kafkaienne".
M.Fl.
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