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"Le voyage est un travail et, sans doute aussi, un art. Il n'autorise pas le laisser-aller, mais requiert le meilleur de notre acuité."
Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion:

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Croisière: bonheurs et questions
Posté le 25 décembre 2004 à 18:10:53 CET par Rédaction

Les grands espaces Par Bertrand C. FAVRE

Comment fêter dignement un anniversaire important de la vie d’une compagne ? Depuis plusieurs années, elle glissait sur mon bureau des programmes de croisiéristes. Lui accorder ce plaisir devenait un autre plaisir.

MSC (Mediterranean Shipping Cruises) proposait : «La Méditerranée dans toute sa diversité» et exposait le périple : Cultures méditerranéennes, tableaux d’une nature merveilleuse, chef d’œuvres d’architectures : un voyage à bord du nouveau MSC Armonia vous conduit au travers de tous ces visages si riches et différents et pourtant tournés vers le futur. Au départ de Venise, des escales à Bari, à Corfou, à Santorin, à Athènes-Le Pirée, à Katakolon-Olympie, à Dubrovnik et retour à Venise.

L’acheminement.

Les illustrations mettent indiscutablement l’eau à la bouche. En cabine double, le second passager s’acquitte d’un tarif très avantageux. On en oublie la mention : Enfants gratuits et cela offert en fonction des vacances scolaires. Pour rejoindre Venise, trois solutions s’offrent à vous : 1.- en autocar selon une proposition concoctée par le croisiériste et sous sa responsabilité, en fonction de votre lieu de résidence; 2.- le train et 3.- l’avion. Dans ces deux derniers cas, la responsabilité entière du déplacement du lieu de votre résidence à Venise vous incombe. IMPERATIF : se présenter pour les formalités d’enregistrement à bord 2 heures avant le départ.

Nous choisissons l’avion ce qui nous conduit de Genève à Zurich pour voler vers Venise à bord d’un vol Swiss opéré par Denim Airways, une compagnie charter néerlandaise. Nous sommes six à bord. Le seuil de rentabilité du vol doit se situer nettement en dessous des nuages. La confirmation comporte la mention : Repas à bord. Le repas consiste en un sandwich, jambon ou fromage au choix , servi dans un emballage portant l’alléchante mention « Bon appétit – Enjoy your meal / To be consumed within one hour after distribution». Heureusement, l’hôtesse est adorable et très attentive. Le café agrémenté d’un chocolat fera office de compensation. L’horaire, par contre est exactement ce que nous souhaitions. Le retour sera moins performant et nous laissera trois heures d’attente à l’aéroport de Venise, là où les restaurants (snack) sont aussi détestables que le sandwich Denim.

Enregistrement à bord

Arrivant au port, vous confiez vos bagages à la porte mentionnant le nom de votre bateau. Vous les retrouverez dans votre cabine. La navigation vous conduit dans les eaux internationales. Il est donc logique que l’on contrôle votre passeport, que l’on vous fasse remplir un questionnaire et que l’on enregistre le numéro de votre carte de crédit. Après quoi, on vous fournit une carte magnétique d’identification qui devra être présentée lors de chaque débarquement pour les excursions et qui vous permettra de régler vos dépenses à bord ainsi que vos achats dans les boutiques ou vos dettes de jeu contractées au casino du navire. Le décompte final vous sera soumis le dernier soir et vous n’aurez qu’à le vérifier et le signer. Chaque passager - y compris les enfants - reçoit ainsi sa carte de bord évidemment basée sur le compte de détenteur de la carte de crédit utilisée. A bord, on réservera ses excursions de la semaine. Un programme complet avec plusieurs possibilités est à la disposition de chacun.

La cabine

Pour éviter le bruit des piscines, des night-club, restaurants-pizzeria et autres salles de jeux du pont supérieur, nous avons opté pour un étage moyen. Deux personnes sont affectées à votre cabine ainsi qu’à une vingtaine d’autres. Elles s’occuperont du service à bord, interviendront pour que les retouches à opérer sur les vêtements que vous achèteriez dans les boutiques soient rapidement réalisées. Très dévouées, elles s’enquièrent chaque matin de vos éventuels désirs. Les deux jeunes gens (un jeune homme et une jeune femme) viennent de Bali et sont à bord depuis neuf mois. Au cours de cette période, ils ne bénéficient d’aucun jour de congé. Serait-ce une nouvelle forme d’esclavage ? On se pose encore la question aujourd’hui ! Le pont sur lequel se trouve notre cabine ne porte plus le même nom que celui du prospectus ! Raison : Le MSC Armonia n’est en fait que l’ancien « European Vision » de la défunte compagnie Festival. Le bateau a été racheté au début de l’année, entièrement inspecté, amélioré et les ponts rebaptisés. Deux lits de 80 cm de large, deux tables de nuit d’un mètre de large (total), un minibar support de télévision, un meuble d’angle surmonté d’une armoire comportant un coffre, un cabinet de toilette miniature avec douche sur mesure pour contorsionniste avisé et une penderie. Le tout spécialement étudié pour que les passagers n’aient qu’une envie : se rendre dans les salons, bars et autres lieux de réjouissances. La croisière c’est aussi un certain « lâcher prise ».

Restaurants

On vous offre le choix de deux restaurants, d’un self-service et d’une pizzeria, les deux derniers étant logés sur le pont supérieur. Et ce domaine relève entièrement de la galère. Les salles sont vastes, l’insonorisation hautement perfectible et la clientèle déguisée en vacanciers plus qu’habillée. Le vacarme est intense. Se parler d’un siège à l’autre simule l’exploit. Mais le personnel garde le sourire. N’oublions pas que plus de 2000 personnes s’y font servir matin, midi et soir. Les menus internationaux côtoient le bon et le détestable. On prend conscience qu’on y est condamné pour 7 jours seulement. Alors…les soupes sont bonnes et les pâtes rarement italiennes !

Bars, casino, boutiques, spectacles, salons de sports et de beauté.

Apprenons que les cabines, les restaurants, les boutiques et les bars relèvent d’une direction hôtelière tandis que les excursions, les spectacles sont du ressort d’une directrice de croisière, laquelle est assistée d’une hôtesse par langue. Toutes ces jeunes filles parlent plusieurs langues pour le plus grand plaisir des monolinguistes. Les bars et le casino sont, en principe, réservés aux adultes mais interdits aux enfants ou jeunes gens de moins de 18 ans .... enfin si l’on peut dire, car dans le programme du vendredi 10 on pouvait lire :
Casino : Afin d’éviter des problèmes judiciaires, nous vous informons que les enfants de moins de 18 ans ne sont pas admis au Casino. Le personnel y sera vigilant et nous vous demandons votre « gentile » collaboration afin de ne pas laisser des mineurs jouer aux « Machines à sous et aux Tables (même accompagnés). Tout un programme d’éveil à la délinquance… Les boutiques ne sont ouvertes que lorsque le bateau navigue en eaux internationales. Simple question de tax free.
La salle de spectacle baptisée « La Fenice » est un véritable théâtre où l’on ne sait malheureusement pas régler la sonorisation. Les spectacles, pour tous les goûts, sont plutôt « populaires ». Pensez, on y rencontre même des enfants de trois à quatre mois qui dorment dans les bras ou sur les épaules de parents plus soucieux de leur satisfaction que de la santé des chérubins ! Ils rêveront de cabaret, de techno et de « black jack » mais cela n’incitera pas les plus grands à respecter le sommeil des passagers ni à s’interdire de courir dans les couloirs et coursives jusqu’à 2 ou 3 heures du matin.

Les excursions

Chaque soir, le programme du jour suivant est glissé sous votre porte. Le départ des excursions y est mentionné avec le point de ralliement opéré par langue et par destination. La carte magnétique remise à chacun le premier jour est indispensable et fait office de passeport. La sécurité est la réplique de celle d’un aéroport.

Bari et Alberobello : Les cars (et ils sont nombreux) attendent les chalands sur le quai. Tour de ville pour découvrir rapidement trois quartiers : la vieille ville, la ville du 19ème et la ville moderne. La traversée de la plaine des oliviers – on prétend qu’il en aurait plus de 55 millions, soit un par Italien – est un voyage au pays des couleurs changeantes. C’est aussi la contrée qui produit les meilleures et les plus grosses cerises du monde. Les premiers trullis contemporains annoncent bientôt Alberobello, fameuse cité des « Murge » et de ses typiques constructions cylindriques de pierre sèche, coiffées d’une coupole cônique. On les apparente d’ailleurs aux maisons « pain de sucre » de la région d’Alep en Syrie. Cette petite ville appartient au Patrimoine mondial de l’UNESCO: la décrire c’est sourire dans le décor rêvé d’un voyage au pays des lutins et s’initier à une symbolique des signes très particulière. C’est aussi une contrée viticole (chaîne des Apennins) produisant un vin sec type «madère», de très bonne qualité.

Corfou : Il faut choisir entre le tour des plages, le monastère de Paleokastriza et le Palais Achilleion. Ce sera le monastère qui favorise la découverte de l’île, puis une visite de la ville de Corfou, merveilleuse d’architecture italienne et d’une véritable douceur de vivre. Pour qui connaît les monastères perchés du nord de Thessalonique, celui de Paleokastriza, construit en 1225, est une merveilleuse ironie. Le spectacle naturel incite sûrement à la contemplation. Aux alentours, la tentation rôde tandis qu’à l’horizon un îlot revendique le titre de navire pétrifié d’Ulysse. La ville s’ouvre sur une douceur océane de vie.

Santorin : Les Cyclades appartiennent à un continent disparu, correspondent à des crêtes de montagnes submergées et tirent leur nom des cercles éparpillés autour de l’île sacrée : Delos.

On prétend que Santorin constitue le plus fascinant spectacle de toute la Méditerranée. Fermons les yeux et imaginons un volcan qui lentement se serait enfoncé dans la mer pour ne laisser qu’une crête en arc de cercle et deux ou trois îlots . Les villages jouent à «chat perché », la mer visible de partout et de manière permanente, lèche les rives et les plages sont de sable noir. De Oia à Thera, tout est basé sur le négoce touristique et curieusement les bijoutiers sont rois. Ils évoquent les rois fainéants tant ils sont passifs dans l’attente du client et tant demeure cachée la réalisation de leurs merveilles. Le port de Thira n’est pas assez profond pour accueillir les paquebots. On acheminent les visiteurs sur la rive au moyen des chaloupes, puis sur les hauteurs au moyen d’un funiculaire, à dos d’ânes, que l’on épuise indéniablement, ou par un escalier fort de quelque six cents marches. Le coucher de soleil vaut à lui seul le coup d’œil et la cuisine locale est plus qu’appétissante.

Le Pirée et Athènes : Spectacle unique, le port du Pirée est une invitation marine à nulle autre pareille. Les navires reliant toutes les îles y ont leur port d’attache et les yachts magnifiques démontrent combien la Grèce est une nation maritime. On prétend qu’il y a plus de bateaux privés ici que de voitures. Athènes, pour les Jeux olympiques, s’est offert une cure de rajeunissement. Elle s’est habillé d’air et d’espace, sait être langoureuse, vivante et captivante. Le quartier de Plaka s’est, lui, métamorphosé. Ses ruelles sont accueillantes et leur découverte renouvelle l’esprit d’Athènes. Un vaste parking accueille les autocars par dizaines. L’aire visiteurs recèle boutiques, petits bars, cafeterias, commodités. L’accès de l’Acropole est un chemin qui conduit au sein du centre historique au lieu de le contourner comme cela fut le cas dans les années soixante. La vue est toujours aussi envoûtante et la ville étale son superbe panorama avec la nonchalance d’une belle courtisane. Hier la rose était au milieu du buisson. Aujourd’hui le buisson s’est voulu roses multiples et odorantes. Je reviendrai.

Katakolon et Olympie : Katakolon est un port et une petite ville où fleurissent les bars, les restaurants, les boutiques et les bijouteries. Les plages sont à 10 minutes. La route qui mène à Olympie s’est offerte un revêtement de qualité sur les 40 km qui vous conduisent du port au temple des sports. La moderne Olympie, au pied du célèbre mont Kronion, est un village heureux et charmant baigné de soleil. Olympie enfin. L’air, soudain, devient solennel ! On pénètre dans une terre bénie des dieux, dans un temple à ciel ouvert, dans un cimetière inattendu et heureux des milliers de pierres chargées d’histoire et de souvenirs. Le premier stade du monde où les touristes téméraires veulent renouveler l’exploit dans un accoutrement ridicule alors que les premiers athlètes se produisaient nus. D’ou l’interdiction faite alors aux femmes d’y assister. La liberté flotte ici comme un souffle inaltérable, inépuisable. Ici aussi et enfin, je me sens dégagé de toutes les contraintes du tourisme de masse généré par les croisières.

Dubrovnik : Ce nom consacre la Croatie et donne à cette cité un parfum d’authenticité en même temps que celui d’une fleur séchée enserrée. Aux âges de bronze et de fer, les Illyriens s’y établirent tandis que les Grecs y construisirent des comptoirs dès le IVème avant J.C. Raguse fut son nom au temps jadis. Vins fameux de Lacroma, deux ports, des fortifications, un collège de Piaristes, soieries et lainages firent sa renommée. Raguse fut fondée, aux VIe et VIIème siècles par des fugitifs d’Epidaure et de Salone, fortifiée par le pape Pie II et plus tard enfin, rebâtie aux frais du pape, des rois de France et d’Angleterre après le tremblement de terre de 1667. Indépendante depuis la chute de l’empire grec, elle forma une petite république aristocratique qui se maintint plusieurs siècles avec la protection de ses puissants voisins.

En 1806 Napoléon l’occupe tandis que le Congrès de Vienne (1815) l’attribue à l’Autriche. Une des devises fameuses de cette place forte fut « On ne vend pas la liberté pour tout l’or du monde». Au temps de son indépendance, le recteur de cette petite république changeait tous les mois, lequel durant ce mois vivait seul pour se consacrer entièrement à l'Etat. Ce fut principalement une source d’instabilité. Ses places et ses rues dallées lui donnent un air de fête permanente, son marché animé, colorié et ses ruelles la prolongent. Ses édifices alignent une élégante architecture italienne.

Dernière nuit, pourboire et Venise : 15 heures 30, Dubrovnik devient mouvante alors que c’est nous qui partons. Le spectacle est unique. Des îles se profilent à l’horizon. Mais l’ambiance n’est pas celle d’une fête. Je ne sais si vous avez connu un jour dans votre existence la fébrilité de la veille d’une ouverture de magasin pour des soldes. Les consignes sont impératives : vos bagages devront se trouver derrière la porte de votre cabine au plus tard à 2 heures du matin. Justement, le personnel affecté au maintien de votre cabine a consciencieusement déposé dans celle-ci une enveloppe vide avec deux prénoms, votre numéro de chambre et vos patronyme et prénoms. Dans les informations utiles pour la vie à bord vous découvrez, page 75 : Le pourboire est une ancienne coutume maritime établie et son montant dépend de l’attention et de l’efficacité que votre fille et garçon de cabine et votre garçon de salle à manger vous ont apportées. Les informations de voyage sont plus précises : Nous conseillons les coutumes de 9 euros par jour et par passager et 4 euros 50 par jour et par enfant. Il faudra partager le montant par trois : 1. au personnel de cabine, 2. au personnel du restaurant et 3. si vous avez souvent mangé au buffet self-service, le chef de service qui est responsable pour l’organisation du buffet, se réjouira aussi d’un pourboire.

Et c’est ainsi qu’en compensation d’un tarif préférentiel pompeusement octroyé par la compagnie, vous participez assez largement à la rémunération du personnel à bord. On se demande bien pourquoi les hôtesses et accompagnatrices des excursions qui démontrent de réelles qualités d’organisatrices, ne bénéficient pas de la distribution. Nous sommes en 2004 et je pense très sérieusement que ces pratiques n’ont plus rien à voir avec le tourisme actuel et que ceux qui engagent le personnel de bord sont aussi censés le payer. Que chaque passager ait un geste en faveur d’un employé qu’il estime particulièrement méritant demeure une action privée et spontanée et non pas imposée par une soi-disant coutume largement dépassée.

Venise. On accoste à 9 h 00 et à 10 H 00 le navire doit être entièrement libéré afin de le reconditionner pour le départ du même dimanche soir. Rien n’est prévu pour que l’on puisse consigner ses bagages le temps d’un tour de ville. Le car rentre à Lausanne par départ immédiat. Les voyageurs venus par train ou avion, en sont réduits à faire le « pied de grue ».

Que représente la croisière dans le monde des voyages ?

Participer à une croisière c’est s’isoler et mettre le monde entre parenthèses pour une période fixe. Le vase clos prend toute sa signification dans les restaurants et pour les spectacles à bord. Mais ce monde fermé est-il plus beau et meilleur que celui que l’on quitte volontairement ? Non, on échange le monde pour un microcosme réducteur dans l’espace mais amplificateur dans la réalité. La population d’un paquebot témoigne d’un laisser-aller vestimentaire que l’on rencontre rarement à terre. L’obésité mal ficelée, saucissonnée, s’affiche avec ostentation. L’hygiène ne trouve pas une expression de fraîcheur et l’air conditionné en accentue les effluves. En septembre on imagine sereinement que les écoles ayant rouvert leurs portes, les enfants embarqués témoigneront du respect à leurs parents pour la faveur consentie et aux passagers par une simple expression de bonne éducation. A contempler cette horde disparate de laquelle quelques exceptions émergent, on entrevoit ce que pourrait être le dîner de gala du commandant.. A croire que toutes les valises ont un double fond et que le négligé ne s’accorde bien qu’avec les strass et les paillettes de robes du soir étincelantes, de smoking blancs. Mais le savoir vivre ne réapparaît pas pour autant.

Les excursions sont une découverte rapide, tumultueuse et massive. Imaginez une place de moyenne importance envahie de 23 cars qui déversent chacun leurs 48 passagers. Si comme cela est fréquemment le cas, un paquebot d’une autre compagnie fait escale simultanément, l’invasion devient brutale. Les guides locaux qui sont affectés à ces visites, s’étendent sur les aspects historiques, donnent de véritables cours de géopolitique et histoire, en oubliant que les anecdotes sont ce que le chaland retient le mieux et l’incitent à une recherche personnelle. Curieusement, ces escapades se terminent toujours devant une galerie ou un commerce de souvenirs. Commission oblige ! Enfin, le deuxième jour vers 18 heures tous les passagers sont invités à se rendre, muni du gilet de sauvetage qui se trouve dans leur cabine, en un point de ralliement où ils seront alignés, les enfants et les femmes devant pour être éventuellement embarqués dans une chaloupe. Celles-ci ne seront pas déployées ni mises à la mer. Non, l’exercice consiste à démontrer comment endosser son gilet et surtout à…permettre aux deux photographes professionnels d’immortaliser des naufragés hilares. L’exposition des photos suscite les attroupements et enregistre des ventes records.

Un mot encore : notre hôtesse « Français « se révéla un cicerone enthousiaste, nous préparant un résumé pour chaque site visité, nous dispensant bénévolement un cours rapide d’italien et fut d’une omniprésence enrichissante et souriante.

Brève rencontre : Une croisière c’est l’hôtel avec pension complète. On n’échappe que rarement à ce concept. C’est un voyage à la découverte de trois pays et deux îles. Comment autrement que par la croisière réussir l’exploit en sept jours ? Les contraintes ont été énumérées ci-dessus. Il faut leur ajouter l’impossibilité de réussir des photographies dignes de ce nom tant la foule est dense partout. Le mercantilisme des arrêts en excursion est choquant mais finalement pas plus qu’en tour organisé. Le manque de contact et de rencontres véritables est, lui, flagrant. Reste que certaines escales ne connaîtraient vraisemblablement jamais le développement touristique qu’elles enregistrent sans le passage régulier des bateaux de croisière. Une pensée compatissante va vers ce petit personnel de bord qui, entraîné à sourire en permanence, ne se plaint jamais et accomplit un travail de forçat pour assister une famille lointaine et pauvre. Les croisières sont aux voyages ce que les vitrines d’un bijoutier sont aux yeux d’une belle et pauvre jeune femme : une envie séparée par un mur de verre !
©BF/ip.


 
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