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"Le voyage est un travail et, sans doute aussi, un art. Il n'autorise pas le laisser-aller, mais requiert le meilleur de notre acuité."
Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion:
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AVIATION ...une chronique de Bertrand Favre
Posté le 10 février 2004 à 23:37:44 CET par Rédaction |
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LOW-COSTS ET MAJORS :
LA GUERRE DU CIEL SE JOUE A TERRE !
Les grandes agglomérations internationales développent leurs aéroports en périphérie directe ou en proche région pour autant que des communications terrestres en facilitent l’accès. Les cas de Genève, Charleroi, Strasbourg, Baden-Baden, etc.. sont différents.
Genève, ville internationale quasiment enclavée est réduite à jouer son développement en choisissant des possibilités diverses mais inévitablement restreintes. En construisant sa nouvelle aérogare il y a une trentaine d’années, Genève-Cointrin a judicieusement conservé l’usage de l’ancienne.
Face au désengagement de feu Swissair et à la création du complexe « UNIQUE » démesuré de Zurich-Kloten, les responsables genevois peuvent aujourd’hui développer un concept bicéphale traitant de manière adéquate les compagnies dites MAJORS ou régulières et les
LOW-COSTS. Dans un premier temps, les Majors crièrent au scandale et menacèrent de se désengager mais prennent finalement conscience qu’elles seront aussi bénéficiaires du traitement différencié imaginé. Ainsi à Genève EasyJet et les compagnies charters
utiliseront le Terminal 2 tandis que les Majors joueront l’Excellence au Terminal I. Bertrand Favre
RYANAIR ET LA COMMUNAUTE EUROPEENNE.
Michael O’Leary, PDG de Ryanair a imaginé une compagnie Low costs en jouant à la fois sur la compression des frais d’exploitation, notamment sur le service à bord et sur les coûts liés aux réservations de sièges et, en s’appuyant sur les aéroports régionaux, ces laisser pour compte des compagnies régulières qui les jugent peu rentables en raison d’un réservoir d’usagers inévitablement restreint. Ces aéroports régionaux dépendant souvent du Conseil Régional ou de la Chambre de commerce sont disposés à consentir des conditions exceptionnelles pour rentabiliser leurs installations aéroportuaires. Cela va de la taxe d’atterrissage, à la taxe passager en passant par la subvention payable au pro rata du nombre de touristes apportés.
Alors qu’elle approuve les financements gouvernementaux des compagnies régulières, la Commission européenne veut interdire le subventionnement du développement des structures aéroportuaires régionales donc du tourisme de ces mêmes régions. Bruxelles est ainsi appelée à fournir un cadre transparent susceptible de régir les relations entre les aéroports régionaux et les compagnies Low-Costs. En optant pour une certaine libéralité la Commission européenne semble vouloir calmer le jeu et les esprits en incitant les parties en présence à trouver des solutions directes compatibles avec la libre concurrence. Tout un programme !
STRASBOURG QUI PLEURE, BADEN-BADEN QUI RIT !
En refusant à la Chambre de Commerce régionale de subventionner Ryanair, la Commission européenne a lourdement pénalisé le tourisme alsacien dont la compagnie irlandaise était une source d’apport très importante.
En remplaçant Strasbourg par sa voisine allemande de Baden-Baden, Ryanair a su préserver ses intérêts en alimentant une région allemande qui n’en demandait pas tant. Le flux touristique ainsi déplacé, lui, ne revient pas en Alsace pourtant distante de 40 km seulement.
La consolidation d’un aéroport demande de trois à cinq ans selon les spécialistes. Ainsi Strasbourg a-t-elle tout perdu tandis que Baden-Baden pense avoir tout à gagner.
CHARLEROI : RYANAIR EN APPEL TOUT EN POURSUIVANT SON ACTION.
Finalement la Commission européenne a condamné Ryanair à rembourser 30% des aides reçues, soit environ 3 millions d’euros. Michael O’Leary a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
DEUX NOUVELLES COMPAGNIES A CHARLEROI
Le lendemain de la décision de la Commission européenne de légaliser partiellement les aides versées à Ryanair, deux nouvelles compagnies confirment la desserte prochaine de la région wallonne : la low-cost polonaise Air Polonia qui , dès fin mars, lancera deux liaisons Varsovie-Charleroi et Katowice-Charleroi tandis que la française Axys Airways reliera, entre avril et octobre, Charleroi à Pescara en Italie à raison de trois vols par semaine.
EUROPEAN-LOWCOST.COM . : UN SITE POUR AIR FRANCE
On se souvient qu’Air France avait déposé plainte auprès de Bruxelles pour dénoncer les faveurs accordées à Ryanair. C’est l’Alsace qui fut pénalisée. Air France cependant se veut pragmatique. Elle vient de s’offrir un nom de domaine éloquent: EUROPEAN-LOWCOST.COM
Cette initiative ne serait pas qu’un leurre ou une coquille vide mais bien plutôt un site miroir.
En quête du meilleur prix, le voyageur est ainsi renvoyé sur Air France. Mais ce n’est pas tout car avec sa filiale REGIONAL, Air France admet qu’elle planche sur de nouveaux tarifs attractifs si ce n’est agressifs. REGIONAL étudierait une offre bas prix... vers des destinations dont le potentiel de trafic serait jugé équilibré ou suffisant !
USA : LES LOW-COSTS ENTRE 60 ET 85% DU MARCHE INTERIEUR ?
Une récente analyse du marché domestique américain fait ressortir une certaine stagnation
du développement des Low-Costs. Si en Europe, British Airways, Lufthansa ou encore Air France sont confrontées à une concurrence bas de marché, aux USA ces parts varient de 60 à 85%.
Placée sous la protection du régime des faillites depuis décembre 2002, United Airlines, fortement concurrencée sur sa base de Colorado par Frontier Airlines, lance, dès le 12 février prochain TED, sa propre compagnie low-costs. Ce faisant, elle imite le numéro trois
américain, DELTA Airlines, qui, elle, a déjà lancé SONG, dans le but de déstabiliser JetBlue. Cette dernière a parfaitement réussi a réinventer le concept de la compagnie Low-Costs mis au point par Southwest, la seule compagnie aérienne à n’avoir jamais
perdu d’argent. JetBlue dessert quotidiennement 22 destinations par 214 vols. Son chiffre d’affaires devrait atteindre ou dépasser le milliard de usdollars. Une intense concurrence se manifeste déjà avant l’entrée en lice de TED tandis que SONG, avec une flotte de 36 avions de 199 places, offre déjà un service sur 15 destinations.
UN BIJOU : VOLAREWEB.COM. DU GROUPE ITALIEN VOLARE !
Contrôlée par Gino Zoccai, membre d’une grande famille de joailliers, le groupe VOLARE a lancé ses opérations en 2002 déjà et affiche ses prétentions en se voulant la troisième compagnie européenne à bas prix derrière EasyJet et Ryanair. Dix Airbus A 320 de 180 sièges composent sa flotte actuelle tandis que le chiffre d’affaires du groupe atteint déjà 580 millions d’euros. Le réseau européen compte 18 destinations en France (Beauvais) Allemagne, Angleterre, Suède, Espagne et 25 routes au départ de ses deux bases : Venise et Milan-Malpensa. En France, Volare a récupéré plus de 5600 créneaux délaissés par AirLib.
EMIRATES : LA SEULE MARQUE MONDIALE D’ORIGINE ARABE !
La maxime : La valeur n’attend pas le nombre des années prend ici toute sa signification. Cheikh Ahmed Al-Maktoum avait 25 ans quand il fut propulsé à la tête de la compagnie. En 1968 lorsqu’il vient au monde, Dubaï n’était encore qu’un village côtier, le PDG avoue n’avoir pas eu une enfance dorée. Dernier enfant du Sheikh Saeed, souverain de l’émirat, mort à 80 ans, trois mois avant la naissance de son « petit dernier», il n’appartient pas à la lignée des princes pouvant prétendre au trône. La guerre du Liban propulse Dubaï au titre de capitale des affaires du Proche-Orient. A 20 ans le jeune cheikh est envoyé aux Etats-Unis afin d’y parfaire sa formation et d’y terminer ses études. A Colorado, il vit avec 350 dollars par mois, comme n’importe quel étudiant. Quand dans les années 80, il rentre au pays, sa famille, les Maktoum, ont décidé de créer leur propre compagnie aérienne. Un premier but était d’assurer le transport des travailleurs sri-lankais pakistanais jusqu’alors transportés par GULF AIR, la compagnie des autres émirats. En 1985, les Maktoum investissent 20 millions de dollars US et cautionnent les emprunts nécessaires à la consolidation de l’entreprise. Le jeune cheikh ne connaît rien au transport aérien mais il possède un carnet d’adresses lié à son rang royal. Il sait s’entourer de jeunes retraités de l’aérien anglais. Misant sur la promotion et le marketing, il fait d’EMIRATES l’une des cinq compagnies aériennes les plus rentables au monde. Principal partenaire de Sri-Lankan Airways, la compagnie est aujourd’hui valorisée, selon les meilleurs spécialistes occidentaux, à plus de trois milliards de dollars.bf
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